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Rénovation de la centrale hydroélectrique de Lexos

Des travaux à la centrale hydroélectrique de Lexos


Depuis 4 ans, Didier et Elisabeth sont les heureux propriétaires du moulin de Lexos. Il est  situé à l'exutoire du bassin versant de l'Aveyron et du Viaur, c'est-à-dire que le moulin voit passer toute goutte de pluie tombée et drainée par ces deux rivières. Ce territoire s'étend sur les départements du Tarn-et-Garonne, de l'Aveyron, et du Tarn, sur une surface de 4400 km2. 

La centrale hydroélectrique de Lexos est composée de 3 bâtiments. Le plus ancien est le moulin  lui même, daté de la fin du XIXe siècle. Ses poutres massives en sapin n'ayant pu être amenées que par voie ferroviaire, on estime sa construction postérieure à celle de la gare de Lexos en 1850. Des traces d'un moulin plus ancien ont cependant été observées, il daterait d'avant la révolution française de 1789.
La minoterie a été construite en 1913 sous la direction de Mr Paulin Campa alors propriétaire du moulin. Elle était équipée de 6 meules à cylindres mues par des courroies et ainsi pouvait produire près de 12 tonnes de farine par jour. Vers 1953, le matériel devenant vieillissant, le constructeur Lafon fut choisi pour procéder à une vaste modernisation : la capacité d'écrasement passa alors à 150 quinto par 24 heures . Cette activité s'est arrêtée en 1960, la turbine qui permettait le fonctionnement des meules permet aujourd'hui de produire de l'électricité à hauteur  de 30kWatts.
Le troisième et dernier bâtiment a été construit en 1973 pour abriter toute la machinerie nécessaire à la mise en service d'une turbine d'une puissance de 200kWatts.

 

La production d'électricité ne serait pas possible sans le seuil barrage sur la rivière). En effet, c'est la différence de hauteur d'eau entre l'amont et l'aval du seuil qui permet la rotation des turbines. En période de crue, cette différence est moins importante et contrairement à ce que l'on pourrait croire, la production d'électricité est alors diminuée voire arrêtée.
Avant d'actionner les turbines, l'eau passe d'abord à travers des grilles pour éviter que de trop gros éléments charriés par les flots ne viennent altérer ou bloquer les turbines. Un dégrilleur est chargé de racler les grilles pour éviter qu'elles soient obstruées. Ces entrées d'eau peuvent être fermées en totalité ou en partie par des vannes dont l'ouverture est gérée par une sonde qui mesure le niveau d'eau en continu.
L'eau est ensuite dirigée vers les deux turbines par des canaux sous le moulin, puis elle est évacuée par le canal de fuite.

        

La profondeur de ce canal est de 4m, bien plus que la profondeur de la rivière, pour permettre à l'eau d'être rapidement évacuée.
Les poissons qui s'aventurent dans ce canal peuvent poursuivre leur remontée de la rivière grâce à passage aménagé dans le mur de fuite qui les mène à la passe à poissons. Ce type d'aménagement est comparable à une échelle et correspond à une succession de petits bassins entre lesquels les poissons sautent, jusqu'à franchir le seuil en amont.

Ces aménagements utiles à la continuité écologique du cours d'eau ne sont plus conformes aux préconisations actuelles, c'est pourquoi des travaux d'une durée de 4 mois et représentant un investissement très important pour les propriétaires malgré les aides de l'agence de l'eau ont été entrepris en 2018.
Les grilles par lesquelles l'eau passe pour aller jusqu'aux turbines ont été changées et les interstices entre les barreaux ont été réduits à 2 cm pour éviter que les poissons de petite taille n'y soient entraînés. La passe à poissons a aussi été redimensionnée, pour diminuer la hauteur des sauts nécessaires aux poissons qui remontent la rivière.

Une troisième turbine a également été posée, d'une puissance de 30kwatt afin d'augmenter la productivité de la centrale. Au total cet ensemble hydroélectrique permet d'alimenter en énergie électrique environ 600 foyers de jour comme de nuit.
Tous ces travaux ont nécessité l’asséchement temporaire du moulin avec la construction d'un batardeau  de façon à diminuer localement la largeur de la rivière et permettre au chantier d'être hors d'eau.


En conclusion, nous citerons les mots de Daniel Forges, président de l'association de défense des moulins et cours d'eau :
« En passant de la production de farine à celle d'électricité, nos moulins restent dans le modernisme, aux normes Européennes, par leur investissement en grilles fines, dévalaison, échelle à poissons, transit des sédiments, produisent une énergie renouvelable non polluante, sans gaz à effet de serre consommée sur place. Conservant une vie dans nos vallées, un patrimoine remarquable. »



Date de création : 10.11.2018 18:29